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Mag'Immo Médias :
7
juil.2010

Faut-il renégocier son prêt ?

Rédigé par Elisabeth Lelogeais | Catégorie Crédit immobilier | 0 Commentaire
 Faut-il renégocier son prêt ?

Les taux d'intérêt encore orientés à la baisse méritent que l'on se pose la question de la renégociation du prêt. Un point de moins permet de réduire la mensualité ou de diminuer la durée du prêt et génère une économie sur le coût total du prêt. Encore faut-il choisir le moment propice.

En juillet 2010, un prêt à taux fixe sur 20 ans peut se décrocher, pour un bon dossier, autour de 3,65 %. En janvier 2009, le taux, pour cette même durée était à 4,70 % et en octobre 2008 à 5,40 %. Face à la baisse des taux actuels, l’emprunteur s’interroge pour savoir s’il ne serait pas opportun de prendre rendez-vous avec son banquier pour renégocier son prêt à un taux avantageux. D’autant que la Banque Centrale Européenne risque de remonter son taux directeur et que, par ricochet, les taux pourraient bel et bien reprendre la pente ascendante à la fin de l’année. Le moment est donc opportun de prendre rendez-vous avec son banquier, mais aussi faire le tour des autres banques ou encore s’adresser à un courtier. Car bien souvent, le banquier ne voit pas d’un bon œil la renégociation. En effet, lorsqu’il a consenti le crédit, le banquier a emprunté  sur un marché monétaire supérieur à celui du taux en vigueur. Or, en acceptant de baisser le taux consenti ultérieurement, il va devoir débourser de l’argent. Reste que pour l’emprunteur, un certain nombre de facteurs doivent être réunis pour que le jeu en vaille la chandelle et l’économie réelle.
Le moment opportun
C’est la condition sine qua non et l’un des points clés de la renégociation. En effet, plus le prêt est récent, plus la renégociation du prêt est intéressante. Pour la simple raison que les mensualités des premières annuités d’un prêt sont consacrées au paiement des intérêts. Et qu’au fil des années, la situation s’inverse, l’amortissement du capital devenant prépondérant dans le remboursement. Ainsi, dans le cas d’un crédit de 150 000 € sur 15 ans souscrit à 6,8 % il y sept ans, à mi-parcours, l’emprunteur aura déjà remboursé les 2/3 des intérêts et 40 % du capital. Dans ce cas, le rabais sera alors consenti sur le tiers des intérêts restants, ce qui s’avère peu intéressant, sauf si le banquier veut faire un geste à un bon client et lui consente un prêt plus attractif de l’ordre de 1,5 à 2 points. En revanche, si l’emprunteur est en début de parcours, le jeu vaut le coup d’être tenté.
Renégocier avec sa banque
C’est la première démarche. La banque propose soit une nouvelle offre de prêt si le contrat initial est largement modifié, et l’emprunteur a alors 10 jours pour réfléchir à cette nouvelle offre. Soit elle peut se contenter d’un avenant au contrat initial. La banque ne se prive pas, dans les deux cas, de facturer des frais de dossier fixés, en général, à 1 %, du capital renégocié. En cas de refus du banquier de renégocier, ou si le taux n’est pas suffisamment attractif, rien n’empêche de frapper à d’autres portes.
Faire racheter son prêt
Cette formule peut s’avérer judicieuse. Une banque concurrente peut, pour capter un nouveau client, faire un effort sur le taux. Et ce d’autant plus si l’emprunteur présente un bon profil (solides revenus, perspectives d’évolution de carrière…) permettant ultérieurement de lui faire acheter des « produits maison ». Cependant, le taux n’est pas le seul point à négocier. Le rachat de prêt engendre quelques frais supplémentaires. Dans le cadre d’un prêt à taux fixe, il est difficile d’échapper à l’indemnité de remboursement anticipé qui se monte, au maximum, à un semestre d’intérêts, dans la limite du capital restant dû. Ainsi, sur un capital restant dû de 115 000 €, la pénalité légale se chiffre à 3 450 €. Excepté si le montant de la pénalité était fixé à moindre hauteur dans le contrat de prêt initial. A ce coût s’ajoutent les frais de garantie exigée par le nouveau prêteur et qui varient selon le type de garanties que sont l’hypothèque, le privilège de prêteurs de deniers ou la caution mutuelle. Cette dernière est en général plus avantageuse puisqu’elle est transférable sur un autre prêt et n’implique donc pas de frais supplémentaires. Enfin, la banque prend des frais de dossiers d’environ 1 % du prêt. Aussi, au lieu d’être obnubilé par le taux, mieux vaut faire précisément tous les comptes pour savoir si l’opération s’avère finalement gagnante. Au cas où ce rachat s’avère avantageux, l’emprunteur peut l’optimiser en gardant la même mensualité de remboursement, ce qui permet de diminuer la durée du prêt et son coût. Ainsi, en fonction du montant du capital restant dû, de la durée de remboursement et du différentiel entre les deux prêts, l’économie réalisée oscille entre 10 et 20 %.

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