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Mag'Immo Médias :
1
juil.2011

Testing au logement : la discrimination sur l'origine maghrébine

Rédigé par Hélène Baratte | Catégorie Rhône-Alpes | 0 Commentaire
Testing au logement : la discrimination sur l'origine maghrébine
© Jean-Claude Drillon - Fotolia.com

En novembre dernier, la ville de Villeurbanne a lancé un testing au logement pédagogique. Résultat, les candidats à la location d'origine maghrébine ont 2 fois moins de chances de pouvoir déposer un dossier à la location.

De novembre 2010 à avril 2011, quatre candidats-testeurs ont répondu à cent annonces de logements : 50 via des agences immobilières et 50 autres via des propriétaires privés. Le seul critère discriminant retenu pour le testing était celui de l'origine : d'Afrique du Nord, évoquée par le nom, le prénom et l'apparence physique des "testeurs". Pour le reste : âge, type de profession, niveau de revenu, situation de famille, solidité des garants, etc. : tout était similaire.

Résultat du testing pédagogique, contrairement aux opérations lancées par la Halde ou SOS Racisme à visées statistiques ou juridiques, organisé pour la première fois en France par la ville de Villeurbanne : les candidats à la location d'origine maghrébine ont été défavorisés plus d'une fois sur deux, et jusqu'à neuf fois sur dix dans le quartier central des Gratte-Ciel, contrairement aux candidats "français de souche". À dossiers identiques, les personnes d'origine maghrébine ont constaté qu'elles n'étaient pas rappelées, qu'on leur demandait davantage de justificatifs ou encore qu'on les décourageait beaucoup plus que les candidats d'origine française", selon Eric Cédiey, directeur général d'ISM Corum, Centre d'Observation et de Recherche sur l'Urbain et ses Mutations à Lyon, en charge de la réalisation du testing. La règle, égalitaire,  du "premier dossier complet, premier servi" n'est pas respectée. "Les écarts sont suffisamment nets pour caractériser une discrimination dans l'accès au logement", selon Eric Cédiey. "L'essentiel des discriminations se sont révélées après la visite du logement".

Agences immobilières ou particuliers : les résultats sont similaires. Ainsi, les professionnels du logement, censés appliquer la loi qui punit de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende les faits de discrimination, discriminent autant que les particuliers. Les propriétaires, souvent ignorants de la loi, pensent qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent de leur bien. Les professionnels de l'immobilier se défendent quant à eux par le marché tendu et la pression qu'ils subissent de la part des propriétaires.

Lorsque le quartier est attractif, les chances pour déposer un dossier diminuent. Autre enseignement de cette étude : "la discrimination sur l'origine se manifeste plus violemment sur les hommes que sur les femmes."

En réaction à cette nette discrimination, laquelle relève du délit, dès 2012, une formation et des actions de sensibilisation seront proposées aux agences immobilières, ce testing pédagogique visant à accompagner les acteurs du logement vers une prise de conscience. Il ne s'agit pas de les sanctionner. La création d'un label qui valorise les agences qui s'engagent contre les discriminations est envisagée afin de faire changer les pratiques.

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Source : Lyon Mag

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