Alors que l'Insee envisage la récession imminente, et que plusieurs experts ont mis en garde ces dernières semaines contre un éventuel retour d'un "credit crunch" ou resserrement du crédit susceptible de paralyser l'économie comme en 2008, François Baroin exclut la rigueur : "Un vrai plan de rigueur c'est baisser les retraites, baisser le salaire des fonctionnaires. Cela, il n'en est pas question, la France n'en a pas besoin", le ministre insistant sur le caractère prévisionnel des annonces de l'Institut de la statistique.
"Plus que jamais en 2012, dans le contexte très lourd de la crise mondiale, nous devons mettre la bonne gestion de nos finances au service de priorités clairement identifiées : la solidarité, le développement durable", a déclaré de son côté le Maire de Paris, Bertrand Delanoë.
Si le budget de la Ville de Paris reste de loin supérieur à ceux des autres collectivités de l’Hexagone avec 7,9 milliards d’euros votés, la capitale tient à économiser dans le contexte de rigueur actuel "24 à 25 millions d'euros", selon l'adjoint PS aux finances, Bernard Gaudillère, cité par Le Figaro.
L'oppostion UMP a déploré la forte taxation dont les Parisiens font l'objet depuis deux ans.
Le conseiller Nouveau Centre du XVIIème arrondissement, Jérôme Dubus, estime quant à lui que "la ville reste très, très riche", s'en prenant aux dépenses "dispendieuses" de la Mairie de Paris en citant
"50 millions d’euros pour le déploiement d’Autolib’ qui nous laisse perplexe,
35 millions pour les voies sur berge et leurs guinguettes flottantes ou encore
145 000 euros pour la mise en place des clowns de rue pour faire taire les usagers de la nuit" ;
idée qui a déjà fait ses preuves à Barcelone. Le principe ? Recourir à des mimes et des clowns pour exhorter, avec humour, les fêtards à baisser d'un ton aux abords des établissements de nuit, des terrasses,
faire de la médiation adaptée aux personnes qui sont en train de faire la fête ou de fumer sur les trottoirs des bars.
Priorité au logement avec la construction de 6 000 logements sociaux et la réhabilitation de 4 500 logements sociaux en 2012 ! : "le logement représentera près d’un tiers d’investissement global et 6 000 logements sociaux seront financés en 2012", selon Bertrand Delanoë.
À Paris, selon Le Parisien, plusieurs dizaines d'instituteurs, professeurs des écoles, directeurs, gardiens, s’accrocheraient à leur logement de fonction alors même qu’ils ne seraient plus en exercice ou mutés. Ainsi, le quotidien nous rapporte des cas surréalistes, comme un nouveau directeur se retrouvant quasiment à la rue avec son enfant, l’ancien directeur refusant de partir, ou une nouvelle directrice obligée de se rabattre sur le privé. "Cent quarante-cinq mètres carrés, beau XIVe, lumineux, parquet, moulures, cheminée, refait à neuf…" Cet appartement, propriété de la Ville de Paris, est plutôt alléchant. Un fonctionnaire de l’Education nationale éclaire ainsi la situation : "Evidemment, un beau 80 m² dans Paris à 500 € par mois pour un directeur et un 145 m² gratuit pour une institutrice, y a pas photo !" Mais Hélène Mathieu, directrice de la Dasco (direction des affaires scolaires de la Ville de Paris), recadre le débat, déclarant : "Selon le Code de l’Education nationale D212, on ne peut pas virer un instituteur. Pour ce qui est des nouveaux retraités toujours logés, nous sommes en train de trouver des solutions de relogement".
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Sources : La Ville de Paris, Le Parisien, Le Figaro, Reuters