Le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, réclamait la fin des "loyers démesurés" pour les petits logements, envisageant une "réglementation", voire "un plafonnement du mètre carré" pour les micro-logements, "petit logement d[evant] rimer avec petit loyer". C'est ainsi que la taxe sur les loyers élevés a vu le jour. Elle entrera en application à compter du 1er janvier prochain pour les surfaces de moins de 13 mètres carré. Pour les prix de vente, pas de réglementation, mais des "records" épinglés dans les petites annonces de biens à vendre entre particuliers.
À 8 350 euros le mètre carré, Paris bat tout les records. Jugez plutôt : parmi les petites annonces de vente immobilière entre particuliers, une pièce de 3 m², dans le IXe arrondissement de Paris, a été trouvée. "Paris 9e. Rue Drouot, immeuble câblé, digicode, gardienne, au 6e par escalier principal : pièce mansardée de 3 m² au sol, non louable en habitation, à usage d'annexe (dépendance/débarras/placard). Compteur électrique, fenêtre de toit type Vélux possible (autorisation du syndic), chauffage électrique, droit aux wc communs et à l'eau. Idéal pour domiciliation entreprise ou archivage. Charges 2 €/mois, taxe foncière 15 €/an, taxe habitation 21 €/an. Parfait état." "Non louable en habitation" : en effet, toute location doit au minimum respecter une surface habitable au moins égale à 9 m². Le prix de la pièce mansardée ? 29 000 euros. Depuis sa mise en ligne, l'annonce immobilière fait le buzz. Il faut dire que presque 10 000 euros du mètre carré pour un placard, ça paraît plutôt... "insolite".
C'est surtout la première mouture de la petite annonce qui a remué la Toile ; version accompagnée d'une photo montrant un matelas posé sur le sol et une table avec lampe de chevet :
"Paris 9e. Rue Drouot, immeuble câblé, digicode, gardienne, au 6e par escalier principal : pièce mansardée de 3 m² au sol, à usage d'annexe à l’habitation (dépendance/débarras). Compteur électrique, fenêtre vélux possible (autorisation du syndic), chauffage électrique, droit aux wc communs et à l'eau. Idéal pour domiciliation ou archivage. Charges 2 €/mois, taxe foncière 15 €/an, taxe habitation 21 €/an. Parfait état. 29.000 €."
De tweet en tweet, le débarras est devenu studio de 9 666 euros/m², soit au-dessus de la moyenne des prix au m² constatée par les Notaires de Paris. Dans le IXe arrondissement, elle est selon eux de 8 570 euros. Cette pièce mansardée est donc au-dessus de la moyenne des prix au mètre carré constatée dans l'arrondissement, mais la plupart des biens mis en vente entre particuliers sont au-dessus du prix de marché.
Dans le même esprit, pour de la "domiciliation"... : "(75016). Avenue Théophile Gautier. Très bel immeuble ancien, au 7e sans ascenseur. Chambre refaite à neuf avec fenêtre de toit d'environ 4,5 m² au sol. Hauteur sous plafond 2,8 m. Wc sur le palier. Idéal bureau, domiciliation." Quel prix pour cette adresse entre Jasmin et Église d'Auteuil ? 38 000 €. Le m² carré est moins cher : 8 444 euros, alors que selon les notaires parisiens le prix au m² est de 9 470 euros dans le 16e. De là à parler de bonne affaire...
Pour la bonne affaire, mieux vaut sans doute se tourner vers la ville de Paris qui a vendu un hôtel particulier du IXe arrondissement, justement, 3 000 euros le mètre carré ! Mais il fallait débourser 5,2 millions d'euros..., l'édifice qui accueillait autrefois l’École nationale des arts du spectacle (Ensatt) offrant 1 850 mètres carrés, ainsi que 260 mètres carrés de jardin. Le montant de la transaction a aussi choqué certains élus. Pour Delphine Bürkli, conseillère UMP de l’arrondissement, "ce bien aurait pu être utilement affecté aux Parisiens. Mais au lieu de cela, [l’hôtel particulier] est cédé à bas prix à une société qui risque de faire une confortable plus-value après y avoir fait réaliser des travaux". Mais le maire (PS) du 9e arrondissement, Jacques Bravo, s'est défendu, précisant les difficultés auxquelles la mairie s'est trouvée confrontée durant la vente du bien : "Tous ceux qui se sont intéressés à l’hôtel particulier se sont désistés un à un", explique-t-il au quotidien Le Parisien. "Je souhaitais un acquéreur culturel... Cela n'a pas été possible".
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