L'immeuble. Dans le parc immobilier privé marseillais, l'habitat est "dégradé et ancien". Ainsi, une étude du ministère du Logement de 2007 classait plus de 30 000 logements, soit 1/5e du parc immobilier privé à Marseille, comme potentiellement indignes.
Avec des propriétaires parfois aussi pauvres que leurs locataires, la lutte contre l'habitat indigne est devenue une priorité dans la cité phocéenne : Thierry Moallic, directeur de l'Adil-13 (Association départementale d'information sur le logement) explique la situation alarmante : "le parc est dégradé parce qu'il est ancien, plus que dans d'autres villes en France, les propriétaires sont plus pauvres qu'avant donc ils ont du mal à assurer des travaux, et les locataires n'ont bien souvent pas d'autres choix que de se rabattre sur du bas de gamme, voire des taudis".
À Marseille, la secousse sismique a été ressentie dans les 6e, 8e et 9e arrondissements. L'habitat indigne à Marseille secoue plus fortement les arrondissements du centre (le 1er, le 2e et le 3e. Les 2e et 3e arrondissements concentrent 40% des logements potentiellement indignes de la commune) et les arrondissements des quartiers Nord (le 15e et le 16e).
Brigitte Moissonnier, la responsable du service santé-environnement à l'Agence régionale de santé (ARS) souligne le paradoxe de la région PACA : "Dans le Sud, on a les plus belles villas de la Côte d'Azur mais également les logements les plus pourris !", citant les caves, garages et abris pour animaux transformés en habitations.
L'Agence régionale de santé souligne l'impact de l'habitat dégradé sur... la santé : les pathologies liées (saturnisme infantile, risques d'intoxication au monoxyde de carbone, asthmes et allergies, troubles dépressifs, du sommeil, etc.).
Fin mai, le procureur de la République de Marseille a décidé de mettre en place un "groupement opérationnel de lutte contre l'habitat indigne", ou Golpi, qui se réunit une fois par trimestre : des "fiches de signalements" ont été distribuées aux acteurs susceptibles d'entrer en contact avec des locataires mal-logés : médecins, huissiers, forces de l'ordre, pompiers, etc.
Si l'insalubrité est confirmée par les experts de l'ARS, un arrêté préfectoral est pris. En cas de situation grave, les propriétaires abusifs, "comme les marchands de sommeil", risquent des peines allant jusqu'à dix ans de prison.
Sur les quelque 500 immeubles recensés comme insalubres, 350 ont déjà bénéficié de travaux de réhabilitation après accord avec leurs propriétaires. Sur les 150 autres les plus dégradés, la réhabilitation de 21 immeubles (soit 82 logements) est programmée, 26 logements devant être livrés cette année.
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Source : AFP