On leur avait promis le Paradis. Ils découvrent l'Enfer.
- Un logement neuf à 100 000 euros (selon le programme du gouvernement présenté en 2005, mais le coût total de l’opération est de 150 000 euros)
- Un prêt à taux zéro
- Des mensualités raisonnables, correspondant à un loyer
- Un coup de pouce financier de la ville : c'était tentant pour les familles modestes. Même si une maisonnette au milieu des grands ensembles n'est pas le rêve absolu, cela semblait mieux que les HLM.
Mais les fissures dans les murs, les peintures inachevées des volets, les descentes de gouttières trop courtes ou l'électricité non conforme (les fils de terre se baladent sous la baignoire sans être raccordés) se sont infiltrés dans le rêve d'accession à la propriété des familles modestes pour le transformer en cauchemar. De plus, l'emménagement prévu en mars s'est effectué avec plusieurs mois de retard engendrant le paiement des traites de la maison et du loyer de leur appartement.
Comme le petit jardin devenu mare, leur aspiration a pris l'eau. Le simple coup de balai risque de faire tomber les plinthes de ces propriétés à "100 000 euros" du Havre.
Le quartier de Caucriauville n'a jamais aussi bien porté son surnom de "Caucri", la colère s'élevant, les regrets d'avoir fait construire s'affichant. Qu'importent l'évier de la cuisine installé sous une fenêtre empêchant l'accès aux volets ou le conduit de cheminée laissant passer l'eau de pluie : pour le promoteur, ces maisons sont intrasèquement de qualité, lequel ajoute que la construction correcte de ce type de maison ne nécessite pas 100 000 ou 150 000 euros, mais 190 000 euros. Ces vices de finition ne feraient donc pas de ces maisons Borloo un mauvais investissement alors que la douzaine de propriétaires craint une dépréciation rapide de leur bien. Par ailleurs, les nouveaux ateliers urbains reconnaît sa responsabilité, assure ne pas être resté inactif ("Nous avons déjà dédommagé pas mal de gens des troubles qu'ils ont pu avoir", selon le PDG, Michel Vitry) et met aussi en cause la société lettone qui a réalisé les travaux de la maison à ossature bois :
"Elle ne maîtrisait pas la réglementation française, a mal réalisé ses approvisionnements et a été victime de vols."
Si la mairie du Havre a coupé les ponts avec le promoteur, décidant de "geler" toutes les négociations en cours sur d'autres opérations en attendant que le problème soit réglé, elle précise que cette année 150 maisons Borloo ou assimilées ont été livrées "sans problème".
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Source : AFP
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