À Douai, "Cité des géants", la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) vient d'étendre le classement du rez-de-chaussée de la boutique à l'angle des rues de la Massue et de la Petite-Place aux deux façades et aux toitures.
La façade typée ne fait pas son âge mais le bâtiment, construit en 1687, mérite des égards, surtout que le rez-de-chaussée de la boutique ouverte, fait de piliers en grès et de volutes, est classé monument historique depuis 1948.
Si mai est à la satisfaction, avril plaît à la maison située à l'angle des rues de la Massue et de la Petite-Place, la commission régionale du patrimoine et des sites ayant décidé au cours de ce mois, il est vrai invitant à la prudence et à la protection, de classer monument historique ses deux façades et ses toitures. En 2010, la demeure au numéro 2 abrite l'estaminet de la Petite-Place.
Selon "La Voix du Nord", en 1944, Paul Gélis, alors architecte en chef des monuments historiques, y voit
« un exemple intéressant de la construction douaisienne du XVIIe siècle ».
À peine deux ans plus tard, l'« exemple intéressant » devient, dans les notes d'un inspecteur général des monuments historiques,
« un exemple rare d'une boutique flamande authentique » de cette époque. La demeure reçoit donc un avis favorable à son classement,
mais uniquement pour le rez-de-chaussée, les façades étant jugées trop remaniées.
Le propriétaire est à l'origine de l'extension de la protection. Bien que la maison soit modeste, elle a le caractère historique exigé pour le classement au titre des monuments historiques, surtout que des documents établissent les circonstances et la durée de la construction :
"Le classement permet de protéger rigoureusement les immeubles – ou objets – présentant un intérêt public du point de vue de l’art, de l’histoire, de la science ou de la technique, afin qu’il ne soit pas détruit, déplacé, modifié, même en partie, ou l’objet d’un travail de restauration ou de réparation sans autorisation de la DRAC, Direction Régional des Affaires Culturelles."
Le 17 juin 1686, une convention est passée entre Jean Gaquier,
marchand apothicaire à Douai,
et Jean Lalemand et Hidoire Dautuille,
« crocqueteurs de grès »,
précisant notamment le coût de la bâtisse : 132 florins.
Malgré extension et transformations extérieures et intérieures réalisées au fil des siècles, le rez-de-chaussée en grès du XVIIe siècle subsiste, presque inchangé alors que la construction douaisienne a été victime d'incendies. Mais ne l'appelait-on pas La Rouge Oie ?
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Sources : Base Mérimée, patrimoine architectural, Ministère de la Culture et de la Communication, Ville de Douai, La Voix du Nord
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