La perte du triple A réduirait d'un tiers le marché de l'immobilier, selon Empruntis. La semaine dernière, Alain Dinin, PDG de la société immobilière Nexity, déclarait sur Europe 1 que 85 % des Français n'ont pas les moyens de s'acheter un logement et qu'il manquait 1 million de logements en France.
Mercredi dernier, Alain Dinin, PDG de la société immobilière Nexity, a déclaré sur Europe 1, interviewé par Jean-Pierre Elkabbach : "85% de la population française ne peut pas acheter son logement. Savez-vous que pour acheter en Rhône-Alpes, il faut gagner 3 500 euros par mois pour s’acheter 65 m². En Île-de-France, il faut gagner 5 000 euros par mois (c'est ce que François Hollande appelle les riches). Donc comment fait-on ?".
L'acquéreur potentiel serait-il toujours perdant, crise ou pas crise économique, les prix de l'immobilier montant quand il n'y a pas de crise, mais aussi quand il y a crise ?
Selon le dirigeant de Nexity, tant qu’il n’y aura pas suffisamment de production de logements, il n’y a "aucune chance que les prix baissent", ajoutant : "si aujourd’hui vous avez en tête que dans les 15 prochaines années, 90% de la population française sera dans les grandes métropoles, il faut fabriquer des logements dans ces grandes métropoles".
Alain Dinin juge que les choses pourraient changer si étaient construits quelque "500 000 [logements] par an, pendant les 10 prochaines années, juste pour permettre au marché de se stabiliser et de satisfaire la demande". Or, en 2012, ce n'est pas 500 000 logements (la Fondation Abbé-Pierre exige des candidats qu'ils s'engagent à "programmer 500 000 logements par an", mais "pendant 5 ans") qui vont être construits, mais moins : 330 000. Alain Dinin ajoute : "le mieux que nous ayons fait en 2007, c’est 427 000". Rien qu'en Île-de-France, il faudrait aujourd' hui, pour accueillir la population (110 000 familles sont arrivées dans les 5 dernières années dans la région IDF), 70 000 logements par an, or "on en fabrique 30 000", souligne le PDG de Nexity.
Alain Dinin estime que la problématique de la politique du logement n'est plus la France de propriétaires, mais la France de bien logés, et propose un "New Deal" du logement : une table ronde à laquelle participerait "toute la chaîne du logement", de la Fondation Abbé-Pierre aux assureurs, aux banquiers, aux opérateurs privés, aux logements sociaux. Selon Alain Dinin, "tous ces acteurs sont prêts à s'engager par exemple avec le gouvernement sur un plan à 5 ans [comme le quinquennat] à condition que le gouvernement s'engage, lui, à ne pas changer les lois tous les 6 mois ou tous les 2 ans." Alors que pour fabriquer du logement il faut 4 ans, les lois changent en moyenne tous les 2 ans, et ces coups, alternatifs, d'accélérateur et de frein, créent de la spéculation, selon le PDG.
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Source : Europe 1