Frank Buckley, artiste au chômage, a construit à Dublin, dans l'entrée d'un immeuble de bureaux inoccupés depuis l'achèvement de sa construction il y a quatre ans,
sa "maison à un milliard" en empruntant des briques de confettis de billets à la Monnaie irlandaise, représentant une valeur de 1,4 milliard d'euros !
Cette maison à "un milliard" et des poussières est pour l'artiste "le reflet de toute la folie qui s'est emparée de nous.
Les gens ont investi des milliards dans la construction d'immeubles qui ne valent plus rien aujourd'hui".
Cet homme criblé de dettes, victime de la bulle immobilière qui a éclaté en Irlande (un reportage intitulé "Irlande : double peine pour l'immobilier", diffusé sur Arte en 2010, est particulièrement instructif à ce sujet) habite son œuvre composée d'un salon et d'une entrée. Prochainement, il compte ajouter une cuisine.
Les murs et le sol de l'insolite intérieur sont recouverts de restes d'euros dont les propriétés d'isolation thermique, ironiquement, sont telles que l'occupant peut dormir sans couverture. Ainsi, Frank Buckley assure que "quoi qu'on dise de l'euro, c'est un bon isolant", même s'il n'a pas écarté l'Europe de la rigueur.
Présentation du reportage Irlande : double peine pour l'immobilier :
"Un petit air américain flotte tristement sur l'Irlande, dont la situation immobilière ressemble à celle des États-Unis, en 2007-2008, suite à la crise des subprimes et l'explosion de la bulle immobilière américaine.
Jusqu'en 2009 le boom immobilier irlandais faisait des envieux aux quatre coins de l'Europe. Fin 2007, par exemple, l'encours total des prêts des banques irlandaises au secteur immobilier s'établissait à 250% du PNB de l'île ! Mais au lendemain de la faillite de la banque Lehman Brothers aux États-Unis, l'État irlandais a été obligé d'intervenir pour soutenir ses banques et la bulle immobilière irlandaise a fini elle aussi par éclater.
Aujourd'hui, près de la moitié des logements construits au cours de la dernière décennie sont inhabités. La valeur de ces logements a chuté de près de 50 % et les propriétaires ne parviennent plus à rembourser leurs emprunts. Seulement voilà, certaines organisations qui viennent en aide aux propriétaires en grande difficulté sont désormais elles aussi touchées par la crise. Financées par l'État, leur existence est désormais menacée par la politique de rigueur instaurée par le gouvernement."
Sources : Reuters, Youtube