Le "monsieur Logement" de François Hollande, comme Les Echos surnomme Thierry Repentin, avait déclaré : "celle et ceux qui cherchent des voix ont tout intérêt à s'emparer du sujet" du logement. Réalisme, rigueur imposée par la crise économique que traverse le pays : François Hollande a revu à la baisse les ambitions du programme du PS ou celles qu'il avait lui-même précédement affichées, mais le logement reste au cœur de son programme présidentiel.
Le logement est un objet politique et un enjeu électoral. Les partis s'accordent même sur les chiffres et les causes de la crise du logement :
- il manquerait entre 800 000 et 1 million de logements en France,
- 1,2 million de ménages auraient déposé un dossier auprès d'un bailleur social (dont 600 000 déjà logés dans le parc HLM),
- la hausse des prix de l'immobilier complique l'accès à la propriété,
- la récente diminution des aides publiques complique également l'accès à la propriété,
- les locataires, parce qu'incapables d'acheter leur maison (ou parce que souhaitant préserver leur mobilité), ont le choix entre :
le marché libre, aux loyers de deux à cinq fois plus élevés qu'en logement social et
le logement social, pour lequel, dans une grande ville, il faut attendre de cinq à dix ans (Hier, Benoist Apparu déclarait : "il faut construire un peu plus à Paris et un peu moins à Châlons-en-Champagne car le délai d'attente moyen d'un logement social est de 8 ans dans la première région et de 4 mois dans la seconde").
Le parc locatif intermédiaire, aux loyers compris entre 10 et 20 euros le mètre carré en région parisienne, en une quinzaine d'années, n'a pas évolué,
alors même que la demande a fortement augmentée, nourrie par le taux des divorces, la taille moyenne des ménages qui se réduit (les générations ne partagent plus le même toit, le nombre d’enfants diminue, le choix de la monoparentalité est de plus en plus répandu).
Quelque 900 000 logements ont été construits et mis en location, grâce aux aides fiscales consenties aux investisseurs privés,
mais ces logements compensent à peine les cessions des investisseurs institutionnels. Les zinzins (banques, compagnies d'assurances) ont vendus au fur et à mesure leurs très grands patrimoines. Autrefois acteurs de la politique du logement, ils possèdent aujourd'hui moins de 2 % du parc locatif en France.