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Mag'Immo Médias :
13
déc.2011

Les banques vont-elles fermer le robinet des crédits ?

Rédigé par Elisabeth Lelogeais | Catégorie Crédit immobilier | 0 Commentaire
Les banques vont-elles fermer le robinet des crédits ?
© Philippe GIRAUD - Fotolia.com

Un certain nombre de courtiers en crédits immobiliers agitent le spectre d’un rationnement des crédits à l’habitat.L’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat n’observe rien de tel pour le moment mais donne les raisons qui pourraient conduire les banques à restreindre leur offre : une montée des risques les inciterait à relever les exigences prudentielles et une crise de liquidité amoindrirait les ressources utiles à l’adossement des prêts. Explications.

L’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anil) a mené une enquête auprès de ses diverses agences départementales (Adil) pour savoir si les banques pratiquaient une politique restrictive en matière de distribution de crédits immobiliers. Apparemment, la réponse est négative. Et l’Anil de rappeler que l’inquiétude avait été la même en 2008, après la crise des subprime, lorsque le « crédit crunch », crise de liquidité due à la raréfaction du crédit ou à l’arrêt de l’octroi de nouveaux crédits par les banques, a été brandi par les professionnels de l’immobilier. Or, constate Bernard Worms, directeur de l’Anil « en réalité, les établissements de crédit n’ont pas eu à rationner leur offre, c’est la demande qui s’est atténuée. Certains des primo-accédants  potentiels ont différé leur projet  par crainte des conséquences économiques et les acheteurs-vendeurs, craignant de ne pouvoir revendre et observant le durcissement des conditions des prêts-relais ont également reporté leurs achats ». Résultat : pas de crédit-crunch  mais poursuit Bernard Worms, « tout au plus les banques ont-elles légèrement durci leurs exigences notamment celle concernant la quotité des prêts relais, mais à aucun moment, elles n’ont eu à modifier leur attitude du fait d’une montée des sinistres sur les prêts en cours ». Contrairement à ce qui s’est passé au Royaume Uni, en Espagne ou aux Etats-Unis.

D’hier et d’aujourd’hui

Mais, note le directeur de l’Anil, « les mêmes ingrédients sont aujourd’hui réunis. La sinistralité reste à un niveau extrêmement bas, voire inexistante au regard des normes de certains pays. Sans doute parce que le chômage touche d’abord les jeunes et les titulaires d’emplois précaires, catégories au sein desquelles ne se recrutent pas les gros bataillons de l’accession »  
Divorces et séparations constituant de loin les premières causes de défaillance des accédants. Et Bernard Worms de poursuivre « l’autorité de contrôle prudentiel de la Banque de France enjoint aux établissements de crédit de réduire les taux d’effort, de limiter la durée des prêts  et d’accroître leur exigence en matière d’apport personnel. Des règles qui visent à contenir la croissance trop rapide de l’encours  des crédits immobiliers des ménages. Simultanément,  la crise de liquidité de la zone euro intervient alors que le besoin de refinancement long s’accroit : la part des ressources levées sur le marché pour adosser les crédits augmente et les exigences prudentielles, dites Bâle III, relèvent le taux des réserves obligatoires Tout se combine alors pour freiner l’offre de crédit ». 
Et le directeur de l’Anil de conclure « les accédants seront probablement parmi les derniers à souffrir des restrictions de crédit. En effet, le prêt à l’habitat permet de fidéliser les déposants ; les crédits font les dépôts. Les banques commencent  à réduire la durée des prêts ou à augmenter le taux des prêts les plus longs…ce qui revient à exclure les accédants les plus modestes ». 
Or, rappelle Bernard Worms, « ce sont ces catégories dopées par le doublement du PTZ, les aides accordées par les collectivités locales et le Pass Foncier qui ont assuré le redémarrage de l’activité en 2010. Aides qui ont renforcé l’effet solvabilisateur de la baisse des taux, de l’allongement des durées et de la réduction des apports personnels. Qui ont maintenant disparu ». 
Et d’ajouter : « il semble que la limite inférieure soit atteinte en terme de taux, que les durées et quotité des prêts soient appelées à se réduire. Sauf  baisse des prix des logements ou relais pris par les secundo-accédants, il faut s’attendre à ce que le volume des opérations diminue ».

Conclusion de l’Anil : « on peut craindre que l’inquiétude de la Banque de France devant la progression de l’encours des crédits immobiliers soit bientôt sans objet ».

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