Les taux se maintiennent, voire baissent selon les banques. Mais les prix d’acquisition sont élevés et le pouvoir d’achat ne suit pas forcément. Qui emprunte aujourd’hui ? Son profil est-il le même qu’en 2008, juste avant la crise ? Une étude menée en 2011 par le courtier ACE révèle que l’emprunteur est un couple trentenaire et sans enfant, salarié du secteur privé qui achète sa résidence principale.
Le courtier ACE s’est livré à une étude sur le profil de l’emprunteur à partir de 6 500 dossiers traités en 2011. Comme en 2008, l’emprunteur type est né dans les années 80 à 52%, et appartient pour 29% aux 30-34 ans. A l’inverse, la répartition sur les autres tranches d’âge souligne un vieillissement de l’emprunteur au cours de ces quatre dernières années : les moins de 30 ans ne représentent plus que 19% des dossiers contre 26% en 2008 et se retrouvent désormais en troisième position, derrière les quadras ,23% en 2011 contre 17% en 2008. Les 30-49 ans représentent ainsi désormais 75% des emprunteurs en 2011, soit 8 points de plus qu’en 2008. Cependant, au cours de cette même période la proportion des dossiers des plus de 50 ans reste stable à 6%. L’achat d’un bien immobilier se fait plus que jamais en couple : 69% des candidats à la recherche d’un crédit immobilier étaient en couple en 2011, qu'ils soient mariés, pacsés ou en union libre, toutes tranches d'âge confondues. A titre de comparaison, les acquisitions en couple ne représentaient que 55% des dossiers d’ACE Crédit en 2008. « Même si certains célibataires trentenaires réalisent encore un projet immobilier ,14% en 2011 contre 21% en 2008, il est clair que l’acquisition d’un logement devient plus difficile pour un acquéreur seul, surtout lorsqu’il démarre dans la vie professionnelle » constate Joël Boumendil d’ACE.Par ailleurs, « 60% des acquéreurs sont aujourd’hui sans enfant alors qu’ils étaient 67% en 2008. En effet, les acquéreurs sont de plus en plus âgés et donc de plus en plus sujets à avoir déjà des enfants lorsqu’ils se lancent dans leur projet immobilier ». 81% des emprunteurs sont salariés du secteur privé, tandis que 10% exercent une activité dans le secteur public. Ces chiffres demandent néanmoins à être pondérés car les salariés du secteur public bénéficient bien souvent de conditions particulières en termes de financement immobilier et recourent moins naturellement aux conseils d’un courtier pour financer leur acquisition. Les emprunteurs étant plus âgés et vivant en couple disposent de revenus plus élevés qu’en 2008. Si la tranche principale de 25 000 à 49 000 € reste stable et représente toujours 55% des acquéreurs, les tranches supérieures progressent et regroupent 28% des dossiers contre 17 % en 2008 : 18 % pour la tranche de 50 000 à 74 000 € et 10% au-delà de 75 000 €. A l’inverse, seulement 17% des emprunteurs disposent de ressources inférieures à 25 000 € contre 28% en 2008. L’achat en couple plus avancé en âge se répercute aussi sur le montant moyen emprunté, reflétant la croissance des prix des biens immobiliers : 31% des dossiers concernent un emprunt d’un montant de 100 000 à 200 000 € contre 40% en 2008. Pendant cette même période, des montants plus élevés ont également été souscrits : 13% entre 250 000 et 300 000 € contre 9 % en 2008 et 19% au-delà de 400 000 € contre 14%. Enfin, note Joël Boumendil : « le crédit est utilisé très majoritairement, à 84% pour l’achat d’une résidence principale , pour se constituer un toit ».
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