Le projet Bimby vise la construction au sein de tissus pavillonnaires existants pour profiter de réserves foncières liées aux trop grands terrains et limiter l’étalement urbain. La France compte actuellement 19 millions de maisons individuelles avec des parcelles moyennes de 1 300 m² et médianes de 800 m².
Bimby, des initiales qui signifient « build in my backyard », en français construisez dans mon jardin. Clin d’œil au mouvement opposé Nimby « not in my backyard », donc hostile à ce type de projet. Pour les auteurs de l’étude, David Miet et Benoït Le Foll, à la recherche d’une nouvelle filière de renouvellement urbain, « les quartiers pavillonnaires construits ces dernières décennies recèlent un potentiel d’une formidable ampleur, demeurant quasiment inexploité actuellement ». Ils sont de plus bâtis, habités et équipés.
Economiquement «cela permettrait de fabriquer un urbanisme sur mesure et à moindre coût pour la collectivité, sans maîtrise foncière, permettant aux propriétaires de maisons individuelles de mobiliser une partie de leur patrimoine foncier pour réaliser leurs projet, notamment en détachant une partie de leur terrain pour la valoriser en tant que nouvelle parcelle constructible ».
Au niveau de l’environnement, « cela montre qu’il est possible de construire sur ces parcelles de tissus urbains existants, de la maison individuel à étalement urbain nul tout en maintenant des densités faibles et sans engendrer de pression foncière et cela chaque année de répondre à une part significative des besoins en logements ».
Socialement, « c’est en redonnant à l’habitant un rôle de maître d’ouvrage de la production de l’habitat qu’on donne à la collectivité de puissants leviers pour porter une politique urbaine ambitieuse fondée sur la mise en synergie des projets des habitants et des projets de la collectivité ». Mais, se demandent les auteurs de l’étude : « est-il possible de mener une politique de développement qui exploiterait les ressources des quartiers pavillonnaires existants dans le but de permettre à leurs habitants actuels d’y évoluer à leur aise mais aussi à d’autres ménages d’y accéder plus aisément ? ». Et de regretter que « les outils actuels de l’urbanisme ne sachent pas transformer et faire évoluer le stock de ces tissus pavillonnaires existants ». Pas question pour autant de sombrer dans le pessimisme. Les villes ont de tout temps appartenu à de nombreux propriétaires mais ont su évoluer. Reste à ouvrir la bonne boîte à outils.