Le concept lancé voici deux ans est novateur à deux titres : il fait cohabiter plusieurs personnes au seine d’un même immeuble, qu’elles soient dépendantes ou non, actives ou non ; les logements sont locatifs et propriétés de bailleurs sociaux. Et se situe dans la réflexion de fond actuellement en cours sur les problèmes de la dépendance et sur l’intégration des personnes âgées dans la société.
A coté des résidences seniors où sont reçues seulement les personnes retraitées en bonne santé et les Etablissements pour personnes dépendantes destinées le plus souvent à des retraités disposant de bons revenus, et mêlent propriétaires et locataires, les « Maisons de Marianne » sont 100% locatives. « Ce choix du 100% locatif permet de mieux maîtriser et de conserver une mixité générationnelle de population tout en respectant les critères d’attribution sociaux, les bailleurs étant sociaux . Car non seulement l’attribution des logements se fait selon les critères de ressources, mais aussi tient compte de l’âge pour mélanger jeunes couples et personnes en perte d’autonomie ou dépendantes », explique Eric Vialatel, créateur de la société « Marianne Développement. Ainsi, « à l’heure où une réflexion est engagée que sur le traitement que la société souhaite apporter au problème de dépendance et à l’intégration des personnes âgées, nous apportons une réponse à la problématique des financements et des contraintes économiques ». A la demande de « Marianne Développement » Pierre-Henri Tavoilot, philosophe, maître de conférence à la Sorbonne , a posé les bases d’une réflexion sur le vieillissement et ses impacts en terme de logements.
La « Cité du bien vieillir »
Pour le philosophe, « un habitat du bien vieillir doit d’abord veiller à entretenir les liens avec la famille et le cercle amical en conservant la possibilité de l’accueil, voire du séjour des proches. L’habitat doit fournir une garantie d’accès aux soins sans pour autant se transformer en établissement médical. Il doit aussi favoriser la possibilité d’un engagement associatif adapté à chaque étape de la vie et le contact régulier avec des générations plus jeunes. Par ailleurs pour lutter contre l’ennui et le syndrome du glissement, il doit être conçu à proximité des commerces, des services et des équipements culturels ». Ainsi, les « Maisons de Marianne » apportent une pierre concrète à cette réflexion .La première réalisation, aux Essarts-le-Roi, en partenariat avec le bailleur social Aximo, vient d’être livrée. En région parisienne, plusieurs résidences sont en cours, à Luzarches, à Menucourt ou Evry. En projet, des résidences en province dans des villes comme Caen, Dijon, Mulhouse, Valenciennes…
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